RUES DE VIC-EN-BIGORRE

Fauré (rue)


De la rue Barére de Vieuzac à la rue de Silhac.

Aucune référence au compositeur de musique Gabriel Fauré ne se cache derrière ce patronyme. Roucau-Fauré est un propriétaire dont une partie de la maison d’habitation déborde sur la voie publique reliant la rue Orientale de Tarbes - Barére de Vieuzac - à la rue de Silhac. Le Conseil lui demande de céder l’angle incriminé que l’on souhaite “raboter”. En contrepartie, il sera dédommagé et on dénommera cette voie, sans nom, “rue Fauré”. C’est l’usage. En 1894, la maison Belin accepte de vendre une parcelle de son bien pour élargir la rue Fauré. On peut remarquer que cette rue n’est pas rectiligne, encore aujourd’hui. Ce nom de rue apparaît sur le registre de l’Etat-civil, à partir de 1844.


Fitte (avenue Joseph)


De la place de la Halle à l’avenue de Tarbes.

Vétérinaire de formation, Joseph Fitte peut se targuer d’une longévité exceptionnelle dans l’exercice de ses mandats électifs. Que l’on en juge : 12 années pleines (1902-1915) de mandat législatif comme député de la deuxième circonscription des Hautes-Pyrénées, 35 années (1880-1915) de mandat municipal comme maire de Vic-en-Bigorre; enfin, 37 années (1878-1915) de mandat cantonal, au Conseil Général du département. Énumérer les actions marquantes des six mandats passés à la tête de la ville serait hors de notre propos. Résumons en affirmant que sous sa houlette, Vic-en-Bigorre sort du cadre urbanistique du gros bourg rural auquel il ressemble jusque-là. Elle devient, résolument, une petite ville dotée du premier réseau d’électrification urbain du département. La vicinalité reprend force et vie, l’hôpital-hospice sort de son dénuement, l’œuvre en faveur de la scolarité du plus grand nombre est remarquable.

C’est le 11 janvier 1915, que l’on apprend sa mort, à Bordeaux, suite à une longue maladie. Le Conseil vote 350 francs pour organiser des funérailles solennelles. Le 7 février 1915, la rue de Tarbes, entre les maisons des épiciers Daune et Campuzan, est dénommée “avenue Joseph Fitte”.

Foch (rue maréchal)


De la place Gambetta et de la place des Combattants de toutes les Guerres, à la place du Foirail.

Tant que les murailles sont encore debout, elle est appelée “rue du milieu”. Dès que l’enceinte disparaît complètement, dans le premier quart du XVIIe siècle, elle devient, progressivement, la “rue du château”. La décision communale du 2 décembre 1918, la rebaptise “rue maréchal Foch” mais les vicquois s’obstinent à l’appeler “rue du château”. Aussi et indifféramment, les deux dénominations restent d’un usage courant.

Né à Tarbes le 2 octobre 1851, Ferdinand Foch devient un brillant officier d’artillerie : École Polytechnique et professeur d’histoire et de stratégie à l’École de Guerre. Après avoir mené les offensives de l’Artois et de la Somme, en 1915 et 1916, il est nommé chef d’État-major, en avril 1917. Nommé commandant en chef des troupes alliées, il sauve le pays. Élu à l’Académie Française, il s’éteint le 20 mars 1929.

Foirail (rue et place du)


Rue du Foirail : de la rue des Promenades à la place du Foirail.
Place du Foirail : point de confluence de l’allée du Midi, quai Rossignol, avenue de Pau, boulevard Galliéni et rue maréchal Foch.


La “place de l’Echez” ou “place du Claquet” est une bande étroite de terrain bordé, au midi, par le canal des moulins, à l’ouest, par le canal de fuite du moulin du Claquet, au nord, par une murette auprès de laquelle est plantée une croix de mission, en bois et, à l’est, le portail d’Arré qui ferme la rue du château et des constructions qui empiètent largement sur la place.


Le marché au bétail, sur la place du Foirail ou “Hourquie” n’est attesté qu’après 1812. Jusque-là, il cohabite avec le marché au bois de chauffage qui sera déplacé vers la place d’Orléans - aujourd’hui place de la Halle - côté boulevard d’Alsace. On peut comprendre cette décision, l’espace de la place de l’Echez, avant les démolitions, étant par trop restreint. En 1815, on y plante des platanes. En 1825, il faut l’expropriation et la destruction des maisons, cours et jardins des sieurs Bartet, Carreau, Lacoste et Solle qui déclarent : “vouloir vendre pour donner une preuve de leur amour pour le bien public” pour que la “place du marché aux bestiaux” prenne la forme que nous lui connaissons.

À ce moment, la nouvelle “rue du Foirail”, prolongement de la rue du Presbytère, peut déboucher jusqu’à cette place jugée sinistre, n’ayant pas “de vue sur la campagne” manquant “d’un air de vie” et toujours déserte “à cause des mauvaises rues qui y aboutissent”. Bigre ! Cela ne ressemble pas du tout à la physionomie de la coquette place d’aujourd’hui. Une bascule publique est placée le 4 juin 1893; elle a coûté 700 F.

Fourcade (place Louis)


En bordure du boulevard Galliéni, devant le bâtiment des Postes et Télécommunications.

Louis Joseph Pierre Fourcade fut maire de Vic-en-Bigorre, du 26 mars 1971 au 26 octobre 1974. La place Louis Fourcade est inaugurée le 8 mai 1976, en souvenir de l’ancien déporté. Suprême honneur, le monument aux morts, sculpté par le tarbais Martial Caumont et posé sur la place de la République, depuis 1925, est déplacé. Personnalité modeste et discrète, Louis Fourcade reçoit un hommage ému de Camille Sarthou, maire de Vic-en-Bigorre, du conseil municipal au grand complet, de la section des Anciens Combattants, de ses camarades militaires, des corps constitués de la ville et des personnalités du canton. Une foule nombreuse, sensible à cet homme attachant et fidèle, est venue écouter les accents d’une “Marseillaise” vibrante, exécutée par “l’Indépendante”.

Fourcade (rue Jacques)


Du boulevard de Lorraine à la rue de Maubourguet.

Le 5 août 1960, la proposition de Jean Rouby, adjoint de Pierre Guillard, maire de Vic-en-Bigorre, de donner le nom de rue Jacques Fourcade à une partie de la “rue de Maubourguet” allant de l’immeuble “Moulédous” à la rue de l’Hôpital, est acceptée par le conseil vicquois. La date du 5 septembre 1960, premier anniversaire de la mort de la personnalité vicquoise, est retenue.

Premier Vice-Président de l’Assemblée Nationale et avocat au barreau de Paris, Jacques Fourcade est le fils de Jacques Manuel Fourcade, maire de Vic-en-Bigorre, du 5 juin 1921 au 26 décembre 1943, date de son décès. Très attaché à sa petite patrie, il intervient, par deux fois, pour obtenir des subventions de l’Etat pour l’édification de la halle aux veaux et du bâtiment de la maternité départementale “La Maison de la Mère et de l’Enfant”.


Au mois de septembre 1960, il s’apprête à plaider les dossiers les plus douloureux de l’accident de la gare qui eut lieu le 29 août 1959, lors de la commémoration de l’inauguration de la ligne du chemin de fer Morcenx-Tarbes - dernier tronçon de la ligne Paris-Tarbes - par le couple impérial Napoléon III et Eugénie de Montijo de Guzmán, lorsqu’il perd le contrôle de son véhicule automobile.


Les observateurs de l’époque pensent que le proche et terrible souvenir de ce drame local marqua profondément cet homme, dévoué et sensible, et que ses tragiques implications terrassèrent Jacques Fourcade, sur le chemin de Paris.