Chapitre 1

 

Plan

         

         I - Saint-Martin - Pourquoi ?

 

II - XIe-XIIIe - Emplacement 1re Eglise Saint-Martin.

III - XIIIe-XVIe - Eglise Saint-Martin nouvelle.

IV - XVIIe-XVIIIe - Eglise Saint-Martin décorée.

V - XIXe - Eglise Saint-Martin : Travaux.

VI - XIXe - Eglise Saint-Martin : Deux Latour.

VII - XIXe - Autres artistes.

Saint-Martin - Pourquoi ? 

1 - Né en 336 à Szombathély (Hongrie), Martin est le fils d’un père païen et vétéran de l’armée romaine qui choisit ce prénom en l’honneur de Mars, le dieu de la guerre. Connu comme Évêque de Tours, Martin fut aussi moine et missionnaire. Il décède à Candes, près de Tours, le 8 novembre 397, à 61 ans.

2 - Sur la place du Sendreix (Saint-Erex), une chapelle qui, sous l’occupation romaine, était un temple voué au culte de Mars, assurait, ici, une fonction pastorale, assez inattendue, en apparence, mais logique au regard de la symbolique astrologique. 

De par sa position cardinale, à l’Est, la planète Mars est dans son domicile dans le signe du Bélier, animal qui se place à la tête du troupeau et le défend coûte que coûte.

Du latin Martis, Mars a donné…Martin !

3 - Peut-être que les Moines érudits de Saint-Lézer ont voulu faire le lien entre ce «fanum sancti erexi» (Temple de Saint-Erex), sur la place du Sendreix et leur nouvelle église ?

 

Chapitre 2

 

11e-13e - Emplacement Eglise St-Martin

     1 - Le prieuré de Saint-Lézer a été vraisemblablement fondé au VIe siècle par Fauste, évêque de Tarbes. Dès 1064, une bulle du pape Grégoire VII signale l’établissement de 6 moines dans des cellules, à Vic-en-Bigorre. En 1080, Guillaume est le Prieur de l’abbaye de Saint-Lézer soumise à Cluny.

2 - En 1085, Talèse d’Aragon, vicomtesse de Montaner épouse Gaston IV de Béarn dit Le Croisé. 

Pierre de Lobaner, vicomte de Marsan, devenu Comte de Bigorre par son mariage avec Béatrix II de Bigorre, en 1129, a compris l’urgente nécessité de fortifier le comté de Bigorre, face au Montanérès, devenu Béarnais. L’église romane est présente à la fin du XIIe siècle.

L’érection de la muraille d’enceinte - 1 m d’épaisseur en briques -  en 1250-1260, pourrait coïncider avec le début des travaux de fortification du périmètre castral (dit le château). Esquivat IV de Chabanais, petit fils de Pétronille, est comte de Bigorre, en 1255.

3 - Avec l’accord du Comte de Bigorre, le Prieuré construit l’édifice actuel entre cette période et 1348. Il est conçu comme un élément de défense et de protection du Bourg dans un ensemble comprenant une barbacane, à l’Est, deux tours-portails (entrée-sortie Mal Foch) avec pont-levis (Est) et pont fixe (Ouest), une muraille ceinturant le périmètre castral et douves sèches à l’intérieur du canal. 

 L’église Saint-Martin actuelle est donc bâtie sur les fondations de l’église romane construite par le Prieuré de Saint-Lézer.

Rectification : On voit derrière l’orgue, un arc intérieur, faussement pris pour un arc plein cintre, qui n’indique pas la largeur de l’édifice roman mais servait de fixation au mur-pignon Ouest. Le porche d’entrée, seul, donnait accès à l’église. Donc, pas d’entrée à l’Ouest (rue de l’Eglise).

Explication : Sur les fondations de l’église romane, fut construite l’église gothique méridionale. Donc, «l’arc plein cintre ne pouvait être présent».

Chapitre 3

 

13e-16e - Eglise St-Martin nouvelle

    1 - L’église Gothique de style méridional ou toulousain est caractérisée par une nef unique et large (l=27,50 m x L=29,70 m) sans transept et un fronton à chevet plat, innovation gothique du Haut-Languedoc (XIIe), voûtée de courbes de bois en berceau supportant un lambris de plâtre reposant sur 4 arcs-doubleaux en ogives (25 m). À l’Ouest, surmontant le tout, un mur-clocher pour 4 cloches.