La bataille de Vic-en-Bigorre du 19 mars 1814

 

Lord Wellington oriente son axe central de poursuite vers la route d’Aire à Maubourguet, dans la vallée de l’Adour. La brigade allemande de Bock revient au nord de Vic-en-Bigorre, au lieudit Baloc, à environ 2,5 km de la ville. Cet ancien village déserté est un territoire couvert de vigne de hautains dont les tuteurs sont des arbres fruitiers aux branches pouvant atteindre 2,50 mètres de hauteur. Ces parcelles sont clôturées par d’épaisses haies infranchissables. Cette particularité de culture se retrouve, sur toute la plaine de l’Adour, jusqu’à Tarbes, et occasionnera de multiples désagréments à la cavalerie ennemie ayant grand peine à progresser et se disperser en dehors des chemins. À l’inverse, ce maquis dans la plaine est propice au déploiement des tirailleurs de la brigade de Fririon appelée immédiatement en renfort.

 

La brigade de Bock est rejointe par la 3e division Picton et la colonne du centre force le passage, vers trois heures de l’après-midi. De l’autre côté de l’Adour, apparaît la cavalerie de l’aile gauche alliée. Von Alten traverse l’Adour et vient à l’attaque de notre droite. Parti de Monségur, à 8 h du matin, le comte d’Erlon accompagné du colonel Louis Joseph Hugo, oncle de Victor Hugo, chef d’État-major de la 1re division de Darricau et d’une faible escorte, dépasse les convois, traverse le pont sur l’Echez et pénètre dans Vic-en-Bigorre par l’ouest. Les équipages empruntent le gué, en amont du pont. Il est 11 h. Incrédule, il ne croit pas les habitants qui le préviennent de la présence des cavaliers alliés, en avant - au nord - de Vic-en-Bigorre. Il s’engage sur la route de Maubourguet pensant y retrouver le général Berton. Il n’a pas franchi cinq cents mètres, que Hugo lui signale les cavaliers allemands.

 

Les voltigeurs du 6e léger se mettent en position, au pas de course, entre l’Echez et la route, puis toute la division Darricau se met en position de part et d’autre de la route de Maubourguet. Quatre pièces sont mises en batterie. L’artillerie, les convois et les blessés peuvent alors traverser Vic-en-Bigorre et se diriger vers Tarbes, au sud. Troisième choc de la journée : le combat de Vic-en-Bigorre est d’une extrême violence. La brigade du général Fririon - 6e Rgt d’infanterie légère, 69e et 76e Rgts de ligne - soit 1818 hommes, de la 1re division du général Darricau est en première ligne. La 2e division du général Darmagnac : brigades du général Leseur - 31e Rgt d’infanterie légère, 51e et 75e Rgts de ligne - soit 2258 hommes et du général Menne - 118e et 120e Rgts de ligne, soit 2494 hommes, est échelonnée en arrière de la ville, appuyée contre la rive gauche de l’Adour, pour prêter main-forte.

 

À 2 h de l’après-midi, la bataille fait rage. Le flanc gauche des Français est protégé par l’Echez mais la droite s’étend, à découvert, vers l’Adour. Elle est menacée par la cavalerie allemande et la division Picton qui attaquent au centre. Le comte d’Erlon repousse la cavalerie anglaise jusqu’à Baloc où l’ennemi est maintenu jusqu’à 3 h de l’après-midi mais plusieurs colonnes alliées débouchent simultanément. Il fait replier la brigade Fririon, qui va céder, et c’est la 2e division, échelonnée en arrière de Vic-en-Bigorre, qui subit, jusqu’à la nuit, les plus gros dommages ; les blessés y sont nombreux. L’adjudant-commandant Brenan est du nombre. Il ne semble pas que la brigade Berlier - 36e, 39e et 65e Rgts de ligne - ait pris part au combat. Les Alliés perdent environ 250 soldats.

 

Dans ce même temps, la marche du Maréchal, menant à Ger, à travers une piste défoncée par les pluies, est très pénible pour les hommes et les chevaux d’attelage qui meurent de fatigue. Elle aurait, même, pu être dangereuse si la cavalerie de Roland Hill s’était montrée plus pugnace. Les tirailleurs français, embusqués dans toutes les parties boisées, réussissent à masquer l’état réel de leurs forces. Le duc de Dalmatie, demeuré à Lamayou et dans le bois de Labarthe, jusqu’à midi, reçoit le compte rendu de l’entrée des Alliés à Vic-en-Bigorre. Son objectif est de durer et de préserver son effectif combattant. Le comte d’Erlon reçoit l’ordre de se retirer jusqu’à Pujo, à quatre kilomètres au sud de Vic-en-Bigorre. La 4e division du général Taupin organise son bivouac, sur le plateau de Ger, en protection des divisions Maransin, Villatte et Harispe qui s’installent autour d’Ibos.

 

Édition Princi Negue Editor - 210 pages - 2004

 

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