GIAT TARBES VIVRA

 

Manifestation du 12 avril 2003, à Tarbes,

devant la Préfecture des Hautes-Pyrénées.

Une profession de foi reprise par tout un peuple

cliché Claude Larronde

 

      "GIAT TARBES VIVRA"

 

Un cri de révolte et d'espoir pour une ville et un département qui ne veulent pas mourir.

 

Chronologie :

 

Au début du mois de mars 2003, un Contrôleur général des Armées de Terre déclare qu'un seuil de 2500/2600 emplois serait fatal au groupe GIAT Industries.

 

Samedi 22 mars, Mmes Ruiz et Passet prennent la tête du "Mouvement des femmes, mères et amies d'Arsenalistes" qui décrète le "ras-le-bol général". Elles veulent que leurs enfants grandissent en Bigorre et exhortent tous les haut-pyrénéens à signer une pétition massive. La cote des 30000 pétitionnaires sera largement dépassée !

 

Lundi 7 avril, Luc Vigneron, Pdg de GIAT Industries, annonce un plan drastique de restructuration, le sixième depuis 1987, intitulé "Projet GIAT 2006", qui supprimerait 3750 salariés sur les 6250 existants, soit un effectif restant de 2500 salariés. Pour les journaux locaux du lendemain, le titre : "C'est Tarbes qu'on assassine" est terriblement explicite avec une quasi fermeture de l'Arsenal de Tarbes qui ne conserverait que 70 emplois dans le secteur Pyrotechnie. Un désastre ! Un crime ! 700 emplois rayés d'un trait de plume! Les conséquences démographiques, commerciales, économiques et sociales d'un tel séisme sont incalculables pour notre département. L'atelier de Mécanique générale de l'Arsenal arrête ses machines-outils. La colère est palpable, les nerfs sont à fleur de peau...

 

Jeudi 10 avril, Gérard Trémège, maire de Tarbes, se place à la tête d'un "vent de révolte" des communes frappées par la fermeture de leur site. Gérard Ducarre, maire de Saint-Chamond (Loire) et René Bardet, maire de Cusset (Allier) adhèrent à ce mouvement. A la mairie de Tarbes, Daniel Gerbault, populaire leader syndicaliste et porte-parole d'un mouvement uni, déclare à tous les élus du département que "l'union sacrée autour de GIAT est indispensable". Gérard Trémège annonce un soutien indéfectible au mouvement de défense du patrimoine tarbais.

 

Samedi 12 avril, une grande manifestation de plus de 3000 personnes arrive jusque devant les grilles de la Préfecture au son assourdissant des tambours, sifflets et grosses caisses. Les élus haut-pyrénéens sont là, nombreux.

 

Mardi 15 avril, les ouvriers du GIAT rendent un hommage au Général de Reffye dont le buste de bronze est habillé d'un tee-shirt blanc sur lequel est inscrit "GIAT VIVRA". Une gerbe de fleurs est déposée par un homme et une femme de l'entreprise au pied du buste du cours Reffye. Instant solennel et roulement des tambours. L'émotion gagne la nombreuse assistance. Les chants du lendemain sont travaillés pour les stations devant l'hôtel Méridien, à Montparnasse, avenue de la Grande-Armée, boulevard Raspail et le ministère de la Défense.

Mercredi 16 avril, 500 tarbais manifestent à Paris, rejoints par tous leurs collègues des centres GIAT frappés par le malheur. L'ampleur de la manifestation fait reculer la direction du GIAT qui accepte un "accord de méthode" qui devrait permettre, à deux experts désignés, d'analyser les volets industriel, social et les perspectives d'avenir...des centres menacés de fermeture. Une première victoire! Une formidable mobilisation commence à Tarbes, Cusset, Roanne ou Saint-Chamond.

 

Vendredi 18 avril, le Conseil général des Hautes-Pyrénées considérant que le plan Vigneron est une véritable catastrophe économique, sociale et démographique pour le bassin de vie tarbais, se prononce pour le retrait pur et simple du plan "GIAT 2006" et exige un moratoire.

 

Samedi 26 avril, 2000 manifestants tarbais et toulousains entreprennent un voyage jusqu'en Côte Basque pour rencontrer, à Saint-Jean-de-Luz, Michèle Alliot-Marie, maire de la ville et ministre de la Défense, qui est absente. Le maire Peyo Duhard, un peu débordé par l'ampleur de la manifestation, reçoit Gérard Trémège, le maire de Tarbes, Jean Glavany, député des H.P et Président du grand Tarbes, François Fortassin, Président du Conseil général des H.P, Joosette Durieu, sénatrice, Pierre Forgues, député des H.P, Daniel Frossard, Président de l'amicale des maires, Mme Artigue, représentante du collectif des femmes, et les syndicalistes Daniel Gerbault (CGT), Bernard Latger (collectif emploi GIAT), Albert Malfait (CFDT), Christian Baratgin (FO), Philippe Vieu (CFE-CGC), Dané (CFTC) et promet de transmettre les pétitions et les motions à Michèle Alliot-Marie.

 

Mardi 29 avril, une journée "Portes ouvertes" est décrété par le mouvement intersyndical pour les élus, les employés du Centre et leurs amis qui visiteront l'Arsenal et apprécieront le savoir-faire du Centre de Tarbes. Pendant la visite, la Direction est maintenue hors de l'usine par les salariés grévistes. Depuis trois semaines, les ateliers étaient silencieux. Les arsenalistes ont réalisé l'union sacrée. A Roanne, 450 salariés ont manifesté avec à leur tête le maire Yves Nicolin. Claude Miqueu, maire de Vic-en-Bigorre, déclare que depuis des années, la diversification est au centre des débats, mais la direction... la refuse.

 

Mercredi 30 avril, le maire de Tarbes, Gérard Trémège, annonce la création d'un comité d'élus dans les villes sinistrées pour s'opposer au plan "GIAT 2006".

 

Samedi 17 mai 2003, une journée socio-culturelle est organisée par les GIAT, sur la place du Marcadieu, à Tarbes, pour nouer des contacts plus amicaux avec la population. Gros succès.