GRANDS CAVALIERS

 

 

Maréchal Jean Lannes

 

duc de Montebello

 

"L'un des militaires les plus distingués qu'a eus la France ! Chez Lannes, le courage l'emportait d'abord sur l'esprit, mais l'esprit montait chaque jour pour se mettre en équilibre. Je l'avais pris pygmée, je l'ai perdu géant… Un des hommes au monde sur lesquels je pouvais le plus compter", Napoléon à Sainte-Hélène s'adressant à Las Cases, 1816. Il fut surnommé "Le Roland de l'Armée". Né à lectoure (Gers) le 10 avril 1769, il fut général de brigade en 1796, général de division en 1799, maréchal d'Empire en 1804. Il revêtit sa grande tenue, avec toutes ses décorations, pour prendre part à la bataille d'Essling où il devait mourir, disant : "Il faut que tous les officiers paraissent sur le champ de bataille, aux yeux du soldat, comme s'ils étaient à la noce". Au lendemain d'Austerlitz, il écrivit à sa femme : "Nous avons tout culbuté, c'est-à-dire tout tué ou pris : on n'a jamais vu un carnage pareil". En 1808, menant le siège de Saragosse : "Quel métier que celui que nous faisons ici ! Saragosse ne sera bientôt plus qu'un tas de ruines". "Voulez-vous que je vous dise, dira Jean Lannes au retour d'Espagne, ce foutu bougre de Bonaparte nous y fera tous passer !". Enfin, À la veille de sa mort : "Je crains la guerre, le premier bruit de guerre me fait frissonner... On étourdit les hommes pour mieux les mener à la mort". À la bataille d'Essling du 21 mai 1809, un boulet lui traverse le genou. Le Bigourdan Dominique Larrey l'ampute. Il agonisa six jours, appelant et maudissant l'Empereur qui ne vint que pour recueillir ses dernières paroles, le 31 mai 1809.

 

Citations "Napoléon" de Jean Tulard - Fayard - 1987

 

Maréchal Jean-Baptiste

 

Bernadotte

 

Prince de Ponte-Corvo

 

Ce fils de magistrat de Pau (Basses-Pyrénées) a été couronné roi de Suède, en 1818, sous le nom de Charles XIV ou Charles-Jean. Ce militaire jacobin, fruit de la Révolution, portait (dit-on) sur la poitrine le tatouage "Mort aux rois !". Surnommé "Sergent Belle Jambe" en raison de son physique avenant et de ses succès féminins, Jean-Baptiste Bernadotte est intelligent et d'esprit vif. Ambitieux, il déploie des tactiques de séduction auprès de tous ceux qui peuvent lui être utiles. Il s'est surtout illustré sur les champs de bataille de la République plutôt que sur ceux de l'Empire où il arrive souvent trop tard. Sous le Directoire, il brigue le pouvoir à plusieurs reprises. Coiffé sur le poteau par Bonaparte, il en vient à détester son rival. Il sera plus ou moins directement impliqué dans des complots contre l'Empereur. En 1813, il trahit ouvertement Napoléon et, en 1814, il espère bien lui succéder. En vain. Devenu roi de Suède, en 1818, Jean-Baptiste Bernadotte, ici en tenue de cérémonie, meurt de maladie à Stockholm le 8 mars 1844.

 

oOo

 

"Médiocre stratège à Iéna, Eylau et Wagram, Jean-Baptiste Bernadotte est né le 26 janvier 1763 à Pau. Sous-officier à la veille de la Révolution, lieutenant en 1791, général en 1794. Il combat à Fleurus puis sur le Rhin. Il passe en Italie pour renforcer Bonaparte en 1797. Chargé de porter au Directoire les drapeaux pris à l'ennemi, il est nommé, à titre de récompense, ambassadeur à Vienne par le Directoire, puis ministre de la Guerre (3 juillet-14 septembre 1799). Il reste dans l'expectative au 18 Brumaire, refusant de rallier Bonaparte mais aussi de défendre le Directoire. Néanmoins, Bonaparte confie à Bernadotte le commandement de l'armée de l'Ouest. Il le fait maréchal en 1804, prince de Ponte-Corvo en 1806. À Austerlitz, il n'a qu'un rôle effacé ; en 1806, il demeure inactif à quelques kilomètres d'Auerstaedt où Davout supporte seul le poids de la bataille. En 1807, il ne rejoint Eylau que 48 heures après la bataille ; en 1809, il commande à Wagram le corps des Saxons qui se débande. Il leur attribue pourtant le mérite de la victoire; fureur de Napoléon, qui le met à l'écart. Bernadotte est pourtant élu de façon inattendue prince héréditaire de Suède par les États généraux d'Oerebro, le 21 août 1810. Napoléon, après quelques hésitations, ne fait pas opposition à cette décision, espérant tenir là un solide allié au nord. Lourde erreur : soucieux de se maintenir dans l'avenir, Bernadotte se rapproche en 1812 du tsar Alexandre. En 1813, il entre dans la coalition contre la France et bat Oudinot à Grossberen et Ney à Dennewitz ; il intervient à Leipzig mais répugne à envahir la France. Songe-t-il alors à la couronne de France ? Mme de Staël envisageait une substitution de Bernadotte à Napoléon, et le tsar Alexandre n'y était pas hostile, espérant mettre ainsi sur le trône de Suède l'un de ses neveux. L'intrigue n'aboutit pas. Bernadotte, pour prix de sa trahison, se fit néanmoins céder la Norvège par le traité de Kiel du 14 janvier 1814. Le 5 février 1818, il devenait roi de Suède et de Norvège sous le nom de Charles XIV".

 

Texte extrait du Dictionnaire Napoléon - Éditions Fayard - Jean Tulard - 1999

Maréchal Jean Lannes ---> Collection "Soldats-de-plomb de la Grande Armée de Napoléon" - Éditions Atlas, fascicule n° 18.

Maréchal Jean-Baptiste Bernadotte ---> Collection "Soldats-de-plomb de la Grande Armée de Napoléon" - Éditions Atlas, fascicule n° 97.