LE CONTRE-UT DE TONY

 

Ah ! L'héroïque «Asile héréditaire» que lance Arnold-Tony, dans Guillaume Tell. Cette voix qui prend aux tripes avec un aigu à vous couper le souffle. Oui, je sais, les «chichiteux» objecteront que la taille était petite (1,60 m), la diction imparfaite et le timbre un peu rocailleux. "Je parle comme coule les torrents des Pyrénées où j'ai grandi". Demandait-on à Placido Domingo un timbre italien ou à Luciano Pavarotti un physique d'acteur de cinéma ? Mais l'entêtement, la volonté et l'opiniatreté feront de Tony Poncet le "self made man" du lyrique.

 

Un internaute anonyme, merveilleusement passionné de notre Tony, m'offre une photo des participants du concours international de ténors de Cannes, en 1954. Quel plateau : Tony Poncet «Trouvère», Gustave Botiaux «Aïda», Guy Chauvet «La Tosca», Alain Vanzo «Benvenuto Cellini» et Roger Gardes. Tony Poncet triomphera avec l'incomparable «Di quella pira». Il a 36 ans.

 

Né le 23 décembre 1918, dans le petit village de Maria, province de Almeria (Espagne), Manuel et Léandra Poncé, parents des petits Juan, Josèpha, Antoine (Tony) et Manuel, viennent s'installer en France, à Laruns (64), en 1928. De là, la famille déménagera vers le bassin minier de Decazeville (12) pour se fixer à Bagnères-de-Bigorre (65), en 1929.

 

Tony Poncet fourbit ses premières armes aux «Chanteurs Montagnards» de Bagnères-de-Bigorre, plus ancienne formation polyphonique de France, créée par Alfred Roland. Il fait un brillant début au concours amateur de Toulouse, en 1946, où il chante l'air de «Paillasse» devant un jury conquis. Durant toute sa vie de scène, Canio-Tony fera un triomphe dans les quatre airs célèbres : «Ce soir, un spectacle fameux qu'on acclame», «Avec moi, tenter ce jeu», «Me grimer» et «Non, Paillasse n'est plus».

Il entre au Conservatoire de Paris, l'année suivante. Plus tard, Paris le boude. Lui a-t-on assez reproché de n'être pas un de ces Apollons de la scène, beaux mais sans voix que des directeurs, mal inspirés, lui préfèrent. Lui a-t-on assez reproché de ne pas savoir faire sa cour avec ce franc parler, choquant pour certaines oreilles, dans ces milieux où l'on préfère souvent Basile à Figaro ! Et pourtant, sous une apparence de rudesse et de vigueur, ce monstre de sensibilité fait scander, pendant dix minutes, au public du Palais de Chaillot : "Poncet à l'Opéra". Heureusement, la Province se l'arrache.

 

Enfin, il est engagé à l'Opéra de Paris où il se produira régulièrement dans le rôle du clown Canio « Paillasse », celui qui donna à Caruso ses plus grands triomphes, du Chanteur Italien «Chevalier à la Rose» (1957) et de Rodolphe «La Bohème» (1958).

 

En 1960, il maîtrise sa technique vocale et affronte les grands airs de la maturité, les «tombeaux» des ténors : Eléazar dans «La Juive», Vasco de Gama «L'Africaine», Raoul «Les Huguenots», le périlleux Fernand «La Favorite» ou Radamès «Aïda» et le terrible Arnold «Guillaume Tell» de Rossini, qu'aucun ténor français n'osait reprendre depuis l'inoubliable Georges Thill. Un bail…

 

 

Pour les amoureux du grand ténor et je sais qu'ils sont nombreux, voici les quatre extraits principaux de "Paillasse" qui ont été, pour lui, des triomphes sur toutes les scènes internationales.

 

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Paillasse : "Ce soir un spectacle"

 

Paillasse : "Avec moi tenter ce jeu"

 

Paillasse : "Me grimer...pauvre Paillasse"

 

Paillasse : "Non, Paillasse n'est plus"