Chroniques n° 9 et 10 - 19 et 26 juin 2007

La poésie au château

 

Marcel Derosier et Roland Coquerel ont évoqué les fréquents séjours de Marguerite d'Angoulême au château d'Odos (Hautes-Pyrénées). 

 

La photo nous montre la bâtisse remaniée au XIXe siècle. En 1549, Brantome affirme que Marguerite contemplait les Pyrénées de la terrasse de son castel bigourdan et cherchait à localiser la comète. Elle prit froid et mourut d'une pleurésie. Tout comme la poétesse qui y composa, peut-être, les premières conversations de l'immortel Heptaméron, à partir de 1542, Roland Coquerel aura été sensible au charme de l'érudite propriétaire du château médiéval et lui adressa, en 1953, un épitomé dédié, comme il se doit, à la châtelaine Madeleine de Févelas, et qui commençait ainsi :

 

Face les Pyrénées, en un coin de Bigorre,

Existe un châtelet que souvent on ignore,

Et pourtant chaque soir, profilé dans la brume,

Sinon, se détachant dans un rayon de lune,

En évoquant alors les antiques vertus,

Il dit en un souffle à ceux-là seuls perçu

Qui savent retrouver dans les fossés austères,

La douceur de rêver des choses de naguère,

Où dolente rêva, jusqu'au point d'en mourir,

La reine Marguerite au noble souvenir.

 

Je m'en doutais : l'archéologie et l'histoire cousinent, souvent, avec la poésie.

photo studio Alix de Bagnères-de-Bigorre

Le moulin de la Cantère

 

Il y a vingt ans, j'ai visité le moulin de la Cantère, entre le château féodal de Mauvezin des comtes de Bigorre et l'abbaye cistercienne de l'Escaladieu. Les "meuniers" que j'y ai rencontrés étaient hospitaliers et chaleureux. Anne-Marie Duprat, trop tôt disparue, et Georges Bouchard sont devenus mes amis. 

 

Leur simplicité, leur convivialité et leur passion pour l'histoire locale m'ont convaincu, alors, qu'après la restauration exemplaire du plus vieux moulin à eau de Bigorre, le "meunier" Georges n'en resterait pas là. Depuis tout ce temps, je suis étonné qu'il ait été si peu sous les feux de la rampe car je considère cet autodidacte comme l'un des meilleurs chercheurs de notre histoire régionale. 

 

Pourquoi Lannemezan et les communes environnantes ne l'ont-elles pas encore honoré, comme il se doit, demeure pour moi un vrai mystère. Sa thébaïde des Baronnies est-elle trop impénétrable, le moulin royal de Mauvezin n'est-il pas digne de l'intérêt patrimonial des édiles municipaux. Je me perds en conjectures. 

 

L'histoire du moulin de la Cantère, sur l'Arros, placé à l'entrée du pays des Barons, est un fanal pour comprendre la généalogie et la chronologie de la baylie de Mauvezin et de toute la région.