Chroniques n° 3 et 4 - 24 avril et 15 mai 2007

Autels romains

 

Je me souviens d'une communication de Georges Fabre qui présentait un petit autel, voué au culte de Jupiter, trouvé près de la place Jean Jaurès, à l'occasion de travaux de construction, en 1985. 

 

Le professeur soulignait l'étendue de ce culte dans le piémont pyrénéen. Des trouvailles eurent lieu à Sariac-Magnoac et dans la zone de la Neste. 

 

Ce Jupiter aquitain, symbole de la puissance de l'état romain, apparaît, ici, comme un dieu agraire, maître des eaux, protégeant troupeaux en altitude, carrières et même l'activité des marbriers. Une deuxième découverte fut présentée par le regretté Marcel Derosier, en 1990. 

 

Lors de la pose d'une voie intérieure de chemin de fer, à l'Arsenal, des ouvriers découvrent un grand autel funéraire, en marbre lumachelle, dans la propriété du baron Charles de Clarac qui formait un triangle ayant pour sommet le chemin de l'Adoureau, au nord, la rue Kléber, à l'ouest, le chemin de Bergeret, à l'est, prolongation de la rue André Fourcade, depuis la voie ferrée.

 

Ce monument, visible dans le hall d'entrée du musée Massey, aujourd'hui, était dédié à Caïus Valérianus Sanctus, régisseur financier de la province d'Andalousie, qui appréciait, déjà, la quiétude des rives de l'Adour.  

photo Sylvain Doussau

Sources argentées

 

Pendant la décennie 1970-1980, mon ami archéologue Sylvain Doussau dirigea ses recherches vers les fontaines cultuelles de Maubourguet. 

 

Nous savons tous que la dévotion pour les eaux jaillissantes a survécu à l'éradication du paganisme. Jusqu'à la dernière guerre, les rassemblements et les processions aux saints qui patronnaient ces sources étaient ferveurs courantes. 

 

Sur le célèbre "cami roumiou", deux fontaines étaient connues par la délicieuse appellation de "honts de Mous dé Basch" ou fontaines d'en bas. La tradition orale voulait que l'on pratiquât le culte à la Vierge, un peu à l'avance, puisque les rassemblements avaient lieu le jour du solstice d'été, à la Saint Jean. 

 

L'Église voulut rompre cette tradition, dans le dernier quart du XVIIIe siècle, puis, se ravisant, fit installer des troncs devant les sources avec l'accord des élus maubourguétois, de la fabrique de l'église Notre-Dame et même du Préfet. 

 

Opportunistes et malignes les autorités. Les pèlerins qui, jusque là, jetaient, tout au long du ruisseau cultuel, leur pièce de monnaie pieusement économisée, étaient invités, instamment, à viser l'ouverture de pierre du tronc sanctuaire. 

 

Le païen était terrassé, le clergé triomphait.