Chroniques n° 27 et 28 - 18 décembre et 15 janvier 2008

Eglise de Pujo

La messe n'est pas dite

 

Le 20 avril 1869, un rapport arrive chez le curé Michel Latour de Vic-Bigorre, responsable des paroisses de son canton, qui s’empresse de le communiquer à "Sa Grandeur Mgr l’Évêque". À Pujo, la messe du matin est dite par M. le Curé. Placées à deux pas du célébrant, les "bonnes sœurs" sont obligées de tendre l’oreille pour suivre un texte marmonné. Non, elles n’hallucinent pas, ce dernier répète à longueur d’office "per omnia secula seculorum".

 

Après l’épître et indéfiniment par la suite, alors que nous savons tous (ou presque) que ces "par tous les siècles des siècles" ne se prononcent qu’à l’oraison et la préface. Elles insistent : "Ce sont les seuls mots distincts qu’on lui entend dire". Et ce n’est pas tout. Il omettrait souvent l’ablation des espèces du pain et du vin et, même, la consécration serait parfois sautée.

 

À l’Assomption dernière, il a oublié d’offrir le saint sacrifice aux paroissiens. Ce matin, l’officiant va tomber lorsque son vicaire le rattrape in extremis et le ramène à la sacristie. Le curé de Vic prie son collègue de Pujo de s’abstenir dorénavant afin "de ne pas exposer les saints mystères à des irrévérences graves". Et pour noircir ce tableau, on apprend que la servante du vieux curé est "ennemie du couvent et du vicaire" et que le sacristain est "notoirement libertin et scandaleux". Mon Dieu!

 

Archives du grand séminaire de Tarbes

Plaque apposée au n° 73, rue Mal Foch

Un châtealin Président du Conseil Général des Hautes-Pyrénées

 

Ce noble, chaud partisan de la Révolution, deviendra commandant de la Garde nationale de Tarbes, premier maire élu de la ville, président du Conseil Général des Hautes-Pyrénées sous l'Empire et la Restauration, maire de Labatut-Rivière. Pierre Clair de Fondeville possède deux résidences. L'une, à la campagne, au château de Labatut-Rivière, aujourd'hui en ruines, que son père Bertrand de Fondeville avait acheté en 1776. L'autre, à Tarbes, une maison de maître bigourdane - selon ma collègue Madeleine Navailh - à un étage, sise au 73 de la rue Mal Foch. Après l'assassinat de son père à Marignac - Comminges - en 1781, il rejoint sa sœur Rose Marquette, à Tarbes. Cet homme "sans profession et sans fonction", vicomte et abbé laïque de Labatut-Rivière, baron de Montagnan, épouse Alexandrine Gémit, fille du marquis Louis de Luscan et devient vénérable de la loge de la Paix, en 1789. Par l'entremise de la franc-maçonnerie tarbaise, il est chargé d'installer les nouvelles institutions départementales avec le marquis de Gontaut et Bertrand Barère. Enfin, il sera élu membre de l'administration puis du directoire du département avant d'en devenir le président, le 10 juillet 1790. Beau parcours, non ?