Chroniques n° 21 et 22 - 6 et 13 novembre 2007

Folklore et traditions

 

    Violet Alford deviendra une folkloriste distinguée de nos vallées pyrénéennes, en 1937.

 

    Elle observe que les bambins bigourdans « qui déclament un récitatif en le scandant avec leurs sabots », entonnent des chansons à boire tout en demandant, avec autorité, des châtaignes et des pommes. 

 

    Cette scène a lieu à Vic-en-Bigorre, le jour de Noël, dans toutes les maisons où un bébé est né dans l’année. Les parents pingres se voient menacés dans leur descendance car l’héritier sera « Tordu comme une queue-de-cochon et aussi bête qu’un sabot ». 

 

    Les 13 Baladins de Gèdre vêtus d’un béret, d’une chemise blanche empesée, d’un pantalon noir, d’une large ceinture rouge et de rubans sur les habits, s’avancent sur 12 mesures exécutant une chanson à danser, rythmée par des coups de bâton sur le sol. Ils accompagnent l’Ours qui, à la Chandeleur, "jette un coup d’œil hors de sa tanière".

 

    Mais ce n’est que le jeudi gras qu’il prend figure humaine, velu et masqué, courant les champs revêtu d’une cape en peau de chèvre. Enchaîné, il s’adonne au rituel obscène de la fécondité.

 

    À Luz, l’Ours a un dresseur au visage peint qui porte un collier d’âne avec des clochettes et une corne de bœuf dans laquelle il souffle éperdument. 

Aquarelle Louis Caujolle

11 novembre 1918

 

    Caporal au 83e RI puis Lieutenant au 209e RI, l’officier vicquois Louis Caujolle raconte dans ses mémoires sa journée d’Armistice : 

 

    " A 8 h grand feu d’artifice sur la butte de Laon avec des fusées drapeaux. Des camions pleins de soldats passent en chantant la Marseillaise. Une joie immense, délirante, anime tous les cœurs. Le soir, à 20 h, grand feu d’artifice sur les remparts de Laon éclairés ainsi que la magnifique cathédrale par de multiples feux de bengale verts, jaunes, rouges. Illumination féerique de la butte de Laon d’où s’élèvent pendant des heures des ruissellements d’étoiles multicolores. Plus d’avions ennemis à craindre. Danses, chants, musiques. C’est une France nouvelle qui renaît dans la joie. À 11 h, messe solennelle à la cathédrale pour célébrer et chanter un Te deum en l’honneur de la victoire. Tout l’État en grande tenue assiste à la cérémonie. Le général Fayolle, le général Humbert et plusieurs autres généraux sont là. Avec nos brillants uniformes nous formons devant le parvis de la cathédrale un cortège magnifique. L’archiprêtre nous reçoit à l’entrée de la cathédrale. Toute la ville a pavoisé. Une foule enthousiaste se presse autour de nous. La guerre est donc finie! Maintenant, va commencer le plus difficile : mettre en valeur cette immense victoire, réparer nos ruines, organiser la paix et créer une France nouvelle".