Chroniques n° 15 et 16 - 25 septembre et 2 octobre 2007

Saint-Savin en 1659, dessin de frère Robert Plouvier

Le séisme de Saint-Savin

 

Au Salon du livre de Capvern, mon attention fut captée par un ouvrage sur les séismes dans les Pyrénées. 

 

    Annie Souriau me confia que la secousse de 1660 fut, probablement, la plus importante ressentie dans les Hautes-Pyrénées. Certes, les lavedanais étaient habitués.

 

    Déjà, en 1627, un anonyme raconte : "C'est une chose fréquente en ce pays, et ceux du lieu disent qu'ils présagent mortalité notamment si la terre s'esclatte et s'y fait des ouvertures". Sinistre présage.

 

    Le lundi 21 juin 1660, à 4,15 h du matin,le soleil du solstice d'été se lève. Le curé de Pouzac rapporte : "Un furieux tremblement de terre qui dura le temps d'un Pater et d'un Ave Maria abattit plusieurs maisons en diverses paroisses près les Monts Pyrénées, mesmement à Baignères où l'église parochiale fut bien esbranlée, le haut du clocher abatu, la quatrième partie du toict enfoncé, dans la ville et les faubourgs, onse personnes écrasées sous les ruines des maisons".

 

    À Bagnères, à 15 km de l'épicentre, 120 habitations furent détruites, tout un peuple nu, criant et pleurant au milieu des décombres. Le Lavedan fut sinistré.

 

    L'abbaye de Saint-Savin fut en grande partie démolie même si la belle église abbatiale resta debout.

 

photo Julien Betbeder

Rugby et amitié

 

    Dans un récent ouvrage à la gloire de Jean Prat, Julien Sanna a retenu le témoignage de Roger Mézaille, mon collègue de la Société Académique, qui rappelle l'amitié qui le liait à M. Rugby. 

 

    Tous deux ont fréquenté l'école laïque des garçons, à Lourdes, dès 1929. Tous deux ont franchi avec succès les épreuves du C.E.P et du B.E.P. Tous deux voulaient être instituteurs. 

 

    Là, leurs routes se sont séparées. Puis, Roger est revenu dans sa chère ville pour exercer le beau métier d'enseignant. Jean Prat lui demande, alors, son aide pour l'assister et créer une école de rugby. Une telle "embauche" proposée dans la cour de l'école, en pleine récréation, ne peut se refuser. 

 

    Le président Antoine Béguère insiste. Alors, Roger succombe… avec enthousiasme. L'harmonie du grand champion et du maître fera merveille auprès des gamins plongés "dans un bain d'efforts et d'amitié de jeu collectif où la joie de jouer et l'éducation faisaient bon ménage". 

 

     En 1969, le président Estrade est écarté, la révolution interne a brisé le club. Les deux amis prennent du recul. Discret et sage, Roger s'épanche et me confie : "Je n'ai pas tout dit sur notre enfance et notre adolescence, c'est là notre jardin et je n'ai pas ouvert le portillon".