Chroniques n° 13 et 14 - 11 et 18 septembre 2007

photo Jean-Marc de Faucompret

 L'Homme qui verra l'Ours   

 

Sur le plan juridique, le dossier "Franska" n'est pas refermé. Loin de là. La polémique des anti et des partisans de l'ours, dans les Pyrénées, repartira immanquablement. 

 

Il m'a semblé intéressant de reprendre les sages paroles de Joseph Paroix, un berger de la vallée d'Ossau.

 

"Pour moi, l'ours n'est pas un animal comme les autres. C'est une dimension de la montagne. L'approcher est un privilège rare. S'il y a encore des ours, c'est bien parce que c'est toujours une montagne vivante, entretenue par l'activité pastorale et l'élevage. Paradoxalement l'ours, animal sauvage, vit dans un milieu dont la richesse du biotope est le résultat de l'activité pastorale. On ne peut demander à une communauté agricole, à une vallée en survie, de participer à la sauvegarde de l'ours sans lui donner l'assurance d'un avenir possible et sûr. Les nombreuses et superbes légendes montrent combien l'ours a toujours fasciné nos ancêtres et hanté leurs rêves. Pourtant, il était en même temps craint et détesté pour les dégâts causés aux troupeaux, qui rendaient la vie des montagnards et des bergers plus rude encore. Nous tous, valléens, sommes les héritiers de ces sentiments contradictoires mêlés de fascination et de haine".

Mairie de Maubourguet

Une mutation patronymique

 

    

Sylvain Doussau m'adresse la plaquette de l'histoire de la mairie de Maubourguet dont il est l'auteur. En 1313, à Baloc, on remarque les Pomaros, fratrie émergeante baloquine de ce village dévasté par la peste de 1348. 

   

Une branche essaime vers la terre voisine de Maubourguet et s'implante, en 1656, à Lapalu (66 ha), lieu à la fois noble et roturier sur l'actuelle route de Marciac. Jean de Poumarous est 1er Consul sous Louis XIV, son fils l'imite sous Louis XV, son petit-fils Simon a 5 enfants dont Jean de Poumarous-Lapalu, "acquis aux idées révolutionnaires", maire de la ville de 1799 à 1816 et Raymond de Lapalu qui change son patronyme au profit de la terre, sans doute plus neutre aux yeux des révolutionnaires locaux.

 

En 1779, il a 18 ans et s'engage au service du Roi. Dès lors, il gravira tous les grades jusqu'à celui de colonel. Chevalier de l'ordre de Saint-Louis, sous la Monarchie - il accompagne Louis XVI à Varennes - et de la Légion d'Honneur, sous le Premier empire, il combat les Anglais pendant la guerre d'Indépendance des États-Unis, la République, comme ancien émigré et, à nouveau, l'Angleterre, avec l'Empereur. Chef de la Garde Nationale des H. P, conseiller et adjoint, il sera maire de la commune de 1837 à 1846. Quel destin !