Chroniques n° 11 et 12 - 28 août et 4 septembre 2007

Traditions des Hautes-Pyrénées

 

Dans la dernière livraison des Éditions Lacour, le Cercle aurois François Marsan, qui a pour but la défense du petit patrimoine matériel, publie un recueil d'articles sur les traditions dans les H.P. 

 

Elles ont trait aux quenouilles, instruments du filage, aux capes et capètes, au béret, à la chaussure en Bigorre, il y a cent ans, et aux tisserands. Cet artisan était au sommet de la considération populaire.

 

S'il était habile, les laines filées et teintes au village lui parvenaient en quantité pour être tissées en un drap souple et chaud. La confection de vêtements cossus tels que capètes ou capes était réalisée avec une virtuosité sans égale par la manœuvre des pieds et des mains sur un système compliqué de pédales, leviers et poulies. 

   

Les ménagères du village, qui avaient débattu et réglé le prix d'avance, étaient positivement ravies de le voir fabriquer le "casa-hèit", drap de laine rude et chaud quasi inusable. Il y avait mieux, le lin, par exemple. Il vous faisait des draps de lit, nappes, serviettes et chemises qui composaient la richesse du trousseau de nos grand’mères.

 

Ah! Le joli bruit des pièces de bois qui s'entrechoquaient et de la navette de buis qui glissait luisante et furtive. 

Le Béout côté carrières

Saint-Saturnin est de retour

 

Justin et Saturnin furent les deux grands évangélisateurs de la Bigorre. Saturnin porta la "bonne nouvelle" en Béarn, Comminges, à Pampelune et Tolède. 

 

Si j'en crois l'historien lourdais Pierre Pène, on retrouve la trace du saint entre Béout et Pibeste, à Omex. Ici, se nichait une église romane, transformée en grange. 

 

Son propriétaire a fait sauter le vieux crépi extérieur et découvert la sculpture d'un chrisme et une pierre, qui pourrait être tombale, sculptée de façon naïve à l'effigie d'un évêque avec sa crosse. 

   

Et mon ami Pierre de se demander qui est représenté par cette sculpture émoussée sinon Saint-Saturnin lui-même, patron de la paroisse depuis toujours. 

   

Avec le "retour" de Saint-Saturnin, le pays de Lourdes n'a pas fini de révéler ses mystères. En face, sur le Béout, sont exploitées les carrières de sarcophages. Un site connu dans tout le royaume de France. 

   

Question qui taraude mon ami Pierrot qui prépare la nouvelle édition de "Lourdes, les secrets", pourquoi venait-il de si loin christianiser les Pyrénéens pour aller ensuite évangéliser les pays du nord de l'Espagne

 

Sa fin est connue. Attaché à la queue d'un taureau, Saturnin fut traîné, brisé et mourut dans la rue du Taur, à Toulouse.