FETES PYRENEENNES : CATALOGNE,

VAL D'ARAN, ANDORRE

 

À Irissarry (64), j'ai vu Philippe Veyrin peindre les clairs et les ocres du mont Baïgurra et terminer « Les Basques », publié en 1947. Il déclare que Violet Alford a traité le folklore comme une science « évitant le piège du valléisme, ce péché originel des Pyrénéens » (1).

C'est Noël qui ouvre le calendrier. Plus purificateur que celui de la Saint Jean d'été, héritier des coutumes préchrétiennes, le solstice du 24 décembre est lié à la Nouvelle Année, à l'Épiphanie et à un précoce Carnaval où, dans le Valespir, s'envolent les chansons à boire et, en Espagne, les guirlandes de fins biscuits colorés décorent les portes des églises. Les « Mayorales » - animateurs de groupes - sont élus pour l'année.

Les « Rosers » des villages catalans appartiennent à la confrérie de Notre-Dame du Rosaire et nulle célébration ne peut se dérouler sans eux. Les « goigs » - chants de joie - sont omniprésents dans le répertoire traditionnel. Dans les vallées d'Ager et d'Urgell, une « Roser » tapote son tambourin, orné de clochettes et d'une image de la sainte patronne, pour consoler une veuve ou annoncer la Nouvelle Année. Le jour des Saints Innocents, on choisit un Maire de parodie afin d'inciter les habitants à nettoyer les rues.

L'homme du comité des fêtes, à la « barretina » écarlate, ouvre la « Chasse à l'Ours » de la Chandeleur. Petite musique envahissante, la « cobla » précède une étrange cohorte de chasseurs aux visages pris dans une insolite muselière, en costume régional et « alpargatas » aux lacets rouges. Accompagné de Roseta à la coiffe catalane, un bel homme, chargé du discours, invite les « Minyunets » des deux sexes à danser le bal des noces.

Au Carnaval d'Arles-sur-Tech, l'Homme-cheval, le Cerf, le Taureau, la Chèvre et l'Ours, symboles des origines de l'Homme, captent l'attention d'une foule qui saura raviver, pour le rite du Printemps, l'énergie des jeunes « kuretes », maîtres des défilés agricoles peuplés de charrues, épis de blé et guirlandes de fleurs. Réminiscence des Saturnales, une jolie fille est capturée et maculée de noir, à la Chandeleur de Prats-de-Mollo.

Dans la région de Ripoll, existe de curieuses « ball dels Cornuts ». Revêtus de peaux de chats sauvages et d'une paire de cornes, les jeunes gens dansent et chantent avec ardeur avant de se séparer, brutalement, en couples. L'homme resté seul est le « Cornut ». Ailleurs, on mime la lapidation de l'Oie au rythme du « ball Plà » ou danse basse.

Rituelle dans le Vallès - près Barcelonne - et le Penedès, la danse des Gitans est le prélude à la « Morisca » de Gerri des Sal, en Val d'Aran. La Première dame engage le « ball » au son de la « cobla ». Les autres couples acquittent une somme pour l'honneur d'exécuter force « moriscos » dans l'ambiance bruyante de coups de fusil tirés par des chasseurs.

 

À Ordino, aux Escaldes où à Andorre-la-Vieille, la « Mare de Deù » protège les « Morratxes » portant de hauts chapeaux décorés de fleurs.

 

(1) « Fêtes pyrénéennes » - Violet Alford - Traduction Anne Foch - Editions Loubatières - mars 2004.